- ENTRETIEN
Entretien avec La Croix
Entretien accordé par Christine Lagarde, présidente de la BCE, à Jean-Claude Bourbon et Marie Dancer les 16 et 28 septembre 2026
30 September 2026
Vous avez vécu toutes les grandes crises : crise financière de 2008 comme ministre de l’Économie, crise grecque et des dettes souveraines en Europe alors que vous dirigiez le FMI et ensuite, à la tête de la BCE, la pandémie de Covid, la guerre en Ukraine puis aujourd’hui au Moyen-Orient… L’état de crise est-il devenu l’état normal du monde ?
Les crises économiques et financières ont toujours existé. Ce qui est nouveau, c’est la manière dont elles s’enchaînent : le covid provoque des tensions sur l’énergie et les matières premières, puis vient l’invasion de l’Ukraine qui accentue la crise énergétique et la flambée de l’inflation… Les crises ne se succèdent plus : elles s’imbriquent et s’auto-alimentent. Cette réalité nouvelle est inédite, et nous devons désormais composer avec elle.
Quelle est, selon vous, la menace la plus immédiate pour l’économie européenne ?
Pour la BCE, la priorité reste la stabilité des prix. La première menace aujourd’hui est donc la crise énergétique liée à la guerre au Moyen-Orient. Elle pèse évidemment sur les prix, mais aussi sur la croissance : on oublie souvent l’effet de la hausse des matières premières sur l’activité. Et derrière cette crise énergétique, il y a une situation géopolitique en pleine mutation.
Au fond, c’est tout le modèle économique européen qui est ébranlé…
Oui. L’Europe s’est longtemps appuyée sur trois piliers : une énergie bon marché venue notamment de Russie, la Chine comme grand débouché pour ses exportations et le parapluie sécuritaire américain. Or, ces trois piliers vacillent aujourd’hui. L’approvisionnement énergétique russe s’est fermé et la Chine concurrence désormais les Européens sur des marchés de pointe. Quant au parapluie sécuritaire américain, le moins que l’on puisse dire est qu’il est mis en doute.
Cela fait sept ans que vous êtes à la tête de la BCE. De quoi êtes-vous la plus fière et, à l’inverse, qu’auriez-vous fait autrement ?
Ce qui me rend fière, c’est notre capacité collective à répondre à des circonstances exceptionnelles avec des moyens exceptionnels, tout en préservant le consensus. J’ai essayé d’inclure tout le monde, d’écouter et de respecter des points de vue différents avec, pour simplifier, d’un côté les « colombes », privilégiant des taux bas pour soutenir l’activité, et de l’autre les « faucons », réclamant des taux plus élevés pour contenir l’inflation. Nous avons trouvé un mode de fonctionnement qui permet à la fois cette diversité, au service d’un objectif commun de maintien de la stabilité des prix déterminé par les traités, et des décisions rapides.
Nous n’avons pas toujours vu juste pour autant. En 2021 notamment, nous pensions que le choc énergétique serait temporaire et ne nécessiterait donc pas de réponse immédiate. La suite des événements nous a donné tort. Nous n’avions pas anticipé l’emboîtement des crises et notamment l’accélération phénoménale de la demande à la sortie du Covid, ou la perfide préparation du déclin des réserves de gaz orchestré par le régime russe.
Au début de votre mandat, vous expliquiez n’être ni un faucon ni une colombe, mais plutôt une chouette. Vous l’êtes restée ?
Ah oui, délibérément ! C’est à la fois le symbole d’Athéna, de l’intelligence et de la sagesse, mais surtout ma façon de refuser les étiquettes. Je ne suis ni du côté des faucons, tenants de la rigueur monétaire pour combattre l’inflation, ni de celui des colombes, soucieuses de soutenir l’activité par une politique accommodante. Je n’ai pas d’obédience monétaire. Je suis attachée aux faits et prête à m’adapter lorsque les circonstances l’exigent. Dans un monde aussi incertain, le dogmatisme n’est pas une bonne réponse.
La BCE vient de remonter ses taux, en juin et en septembre. Ne craignez-vous pas de ralentir l’activité alors qu’une bonne part de l’inflation vient de problèmes sur lesquels vous n’avez pas la main ?
C’est vrai : une banque centrale ne peut ni rouvrir le détroit d’Ormuz ni faire surgir de nouvelles réserves de pétrole ou de gaz. En revanche, notre mission est d’empêcher qu’un choc d’offre – ici, une énergie qui se raréfie et devient plus chère – ne se diffuse durablement dans l’économie et n’alimente l’inflation. Cela peut nous conduire à relever les taux, au risque de peser sur le financement et donc sur la croissance. Nous en sommes parfaitement conscients : c’est pourquoi nous regardons très attentivement la solidité de l’activité avant d’agir.
L’économie française décroche par rapport au reste de l’Europe, d’après l’Insee. La France est-elle le nouveau « pays malade » du continent ?
Je ne veux pas commenter spécifiquement la situation d’un pays de la zone euro mais, de fait, l’incertitude politique et les défis budgétaires pèsent sur l’investissement et l’activité. Nous prévoyons 0,9 % de croissance dans la zone euro cette année, contre 0,5 % pour la France. L’écart est manifeste. En outre, lorsque votre dette tutoie les 120 % du PIB sans trajectoire permettant d’en maîtriser l’évolution, c’est sérieux. D’autant que les États sont en concurrence avec des besoins de financement privés considérables, notamment dans l’intelligence artificielle. Cela peut donc renchérir le financement de la dette publique.
Pour autant, nous ne sommes ni en 2008 ni en 2011 : le système financier européen est beaucoup plus solide. Je me garderais donc de tout pronostic. J’ai vu la Grèce, le Portugal, l’Irlande ou Chypre traverser des crises très douloureuses, remettre leurs finances publiques en ordre et retrouver la confiance. Or ces pays ont depuis renoué avec une croissance souvent supérieure à la moyenne.
Quelles leçons la France peut-elle tirer de ces exemples ?
Qu’il faut une trajectoire crédible, une détermination collective et des réformes pour restaurer la confiance. Il faut simplifier le cadre réglementaire et administratif, poursuivre les réformes du marché du travail et traiter la question des retraites : avec l’allongement de l’espérance de vie, on ne peut pas indéfiniment maintenir le cadre hérité du passé. Il faut aussi agir au niveau européen, notamment en approfondissant l’union des marchés de capitaux, pour que l’épargne européenne finance davantage nos investissements.
Faut-il en passer par une taxation des patrimoines les plus élevés et de l’héritage, comme certains le suggèrent en France ?
Dans le budget d’un État, d’une entreprise ou d’un ménage, il y a deux colonnes : les dépenses et les recettes. Il faut donc se demander si on travaille sur l’une ou l’autre ou sur les deux. Et sur laquelle en priorité. En s’interrogeant sur l’efficacité et la proportionnalité. Il faut également regarder quels sont les taux de prélèvement obligatoires dans les pays comparables, car on ne peut pas constamment « saigner la bête ». Je pense à cette formule, dérivée des propos de Colbert : « l’impôt, c’est comme lorsque vous plumez une oie. Vous pouvez plumer, plumer, plumer, puis arrive un moment où ce n’est vraiment plus possible ». Car lorsque vous dépassez certains seuils, il existe un risque d’inefficacité.
Certains, comme Jean-Luc Mélenchon, proposent d’annuler une partie de la dette française…
Ce serait techniquement aléatoire et financièrement très dangereux. Si vous décidez de ne pas rembourser une partie de votre dette, pourquoi les investisseurs continueraient-ils à vous prêter ? Ils risquent de ne plus le faire, ou de vous demander des taux beaucoup plus élevés. Or la France a besoin de continuer à emprunter. Et une telle annulation serait également contraire aux traités européens.
Comptez-vous participer aux débats de la présidentielle de 2027 ?
J’ai aujourd’hui une mission, qui est de servir l’intérêt général européen.
Et être candidate ?
Ce ne serait pas du tout une bonne idée. Ce n’est pas le même métier. Il y a d’abord une question de vitalité, d’énergie, de force. Il y a aussi un sens du sacrifice inéluctable dans ce type d’engagement. Et j’ai 70 ans…
Vous avez évoqué en février 2026 l’idée de ne pas aller au terme de votre mandat prévu dans un an, en octobre 2027…
Je n’exclus pas de partir quelques mois avant la fin de mon mandat, mais je n’ai rien annoncé de précis et une chose est certaine : je serai encore là en 2027. Donc si départ anticipé il y a, il ne s’agira que de quelques mois. Cela ne changera pas la face du monde.
Est-ce que votre décision pourrait être liée à l’hypothèse où le RN gagnerait la présidentielle au printemps prochain ? En partant avant, vous permettriez au gouvernement actuel de peser sur votre succession dans un sens qui ne soit pas celui du nouveau parti arrivé au pouvoir…
Il appartiendra au gouvernement français qui sera en place au moment où cela se produira de faire valoir ses préférences et de s’accorder avec les autres dirigeants autour de la table.
Vous avez été la première femme à Bercy, puis à diriger le FMI et maintenant la BCE… Que diriez-vous aujourd’hui à une petite fille de dix ans ?
« Ne ferme aucune porte. » À 23 ans, je m’imaginais travailler dans les ressources humaines d’une entreprise. Mais pourquoi les ressources humaines ? Et pourquoi seulement une entreprise ? Heureusement, des gens m’ont dit : « Tu peux devenir analyste financière, avocate d’affaires… ». Ils ont élargi mon champ des possibles.
J’ai longtemps pensé comme William Faulkner qu’il fallait « avoir de grands rêves pour ne pas les perdre de vue ». Je suis cependant plus nuancée car, à 10 ans, on ne se connaît pas encore assez pour savoir exactement ce que l’on veut pour soi. Alors je préfère l’idée qu’il ne faut pas s’imposer soi-même des limites.
Quand vous étiez enfant, vos parents recevaient chez eux Pierre Mendès France, Jacques Delors et d’autres personnalités européennes. En quoi cet environnement familial, intellectuel et croyant vous a-t-il construite ?
J’étais alors une petite fille de dix ans, je servais à table et je n’avais absolument pas conscience du rôle joué par ces personnalités ! Mais j’ai eu cette chance de bénéficier, grâce à cet environnement familial, d’une immense confiance, de beaucoup d’amour et en même temps de beaucoup d’exigence. C’était aussi une famille très ouverte. Mes parents recevaient beaucoup, non pas pour organiser des dîners mondains, mais dans une démarche de recherche intellectuelle et croyante. Mes parents, et mon père en particulier, évoluaient dans un univers teinté d’humanisme, du personnalisme d’Emmanuel Mounier, de ce mouvement de catholiques de centre gauche qui voulaient changer la société tout en respectant les principes de l’Évangile.
Cet héritage humaniste semble avoir disparu de l’Europe actuelle…
On observe clairement une montée des populismes et de la violence. Mais il existe aussi sur le continent un regain de foi et une énergie nouvelle investie dans des valeurs de tolérance, de respect et de foi que, personnellement, je n’ai pas connus lorsque j’avais la vingtaine. Plusieurs événements auxquels j’ai eu la chance de participer me conduisent à le penser. La venue du pape François à Marseille il y a trois ans, par exemple. Voir le stade Vélodrome bondé, avec cette ferveur populaire qui a amené 60 000 personnes à se taire absolument et instantanément dans la prière… (Silence) Je veux bien croire qu’il puisse y avoir un phénomène de fans, mais je pense que c’est plus profond. Cela fait partie, à mes yeux, d’un renouveau auquel nous assistons.
Ce renouveau peut-il aussi être politique au sens large du terme ? L’Europe de Schuman et de Delors a-t-elle encore quelque chose à dire aujourd’hui ?
Oui, parce que les forces centripètes et centrifuges ont toujours coexisté en Europe. D’un côté, on essaie d’agrandir l’Union européenne et de lui donner une dimension politique, avec la volonté d’élargir le cercle des pays autour de la table en admettant successivement la Moldavie, l’Ukraine et certains pays des Balkans. De l’autre, il existe manifestement un mouvement de repli sur soi, sur les frontières, beaucoup plus nationaliste.
Et cette vague populiste concerne aujourd’hui plusieurs pays fondateurs de l’UE…
Certes, mais il ne faut jamais désespérer des peuples. Regardez la Pologne : alors que le PiS ultraconservateur était au pouvoir depuis huit ans, Donald Tusk et ses alliés ont réussi à former une nouvelle majorité à l’automne 2023. Et en Hongrie, après des années de domination de Viktor Orbán, une alternance que beaucoup jugeaient improbable a fini par se produire.
Je crois donc en un socle européen de confiance et d’ambition collective. Mais il faut avoir conscience d’une chose : séparément, chaque État européen est trop petit face aux États-Unis, à la Chine ou à l’Inde. Je l’ai vécu lorsque je négociais, comme ministre, à l’Organisation mondiale du commerce : vous pouvez être Français et avoir la dissuasion nucléaire mais, seul, vous ne pesez rien. En revanche, lorsque les Européens parlent ensemble, ils comptent. Leur voix est respectée. Car il y a toujours un rapport de force.
La BCE s’est beaucoup investie dans le climat sous votre présidence, mais certains estiment que cela ne relève pas du mandat d’une banque centrale…
Je m’inscris en faux contre cet aveuglement. Le changement climatique affecte directement l’économie. Une sécheresse peut ainsi perturber la navigation sur le Rhin ou la Saône et réduire la production… Comment établir des prévisions sérieuses sur les prix et la croissance sans en tenir compte ? Il y a aussi un risque financier. La BCE détient des actifs : si nous ignorons leur exposition au changement climatique, nous évaluons mal les risques de notre propre bilan. Il en va de même pour les banques que nous supervisons. C’est un combat que je mène depuis 2011 et mon arrivée au FMI.
Jusqu’où la BCE peut-elle aller ?
Nous sommes dans le bus de la transition, mais ce n’est pas nous qui tenons le volant. Les politiques climatiques relèvent des gouvernements et des parlements. Cela ne nous empêche pas d’être en pointe sur ce sujet. Notre rôle est d’intégrer le risque climatique dans nos analyses et nos bilans, et de veiller à ce que les banques fassent de même.
Le pape vient de visiter la France. Peut-il encore peser dans le concert international ?
Bien sûr que le pape peut peser dans le concert international ! Je suis très admirative de la ligne qu’il a su tenir, faite d’exigence et de fermeté, lorsqu’il a été mis en cause par le président Trump.
Personnellement, qu’est-ce qui vous marque chez Léon XIV ?
Son encyclique Magnifica Humanitas était parfaitement ciblée sur un débat autour de l’intelligence artificielle qui se développe aujourd’hui et qui évoluera dans la bonne direction, je l’espère : garder l’humain au centre du système, ne pas dévaloriser le travail en considérant que c’est un « accessoire », remplaçable par des robots. Le pape s’inscrit dans la droite ligne de Léon XIII et de Rerum novarum, en mettant la doctrine sociale de l’Église à l’heure de l’IA. J’espère profondément que sa voix continuera à porter et qu’il développera cette réflexion.
Quelle place la foi occupe-t-elle dans votre propre vie ?
Elle est fondamentale. Elle fait partie de qui je suis.
Que retenez-vous du discours du pape sur l’Europe à Metz ?
D’abord, je retiens cette exhortation de Léon XIV : « N’ayez pas peur de l’avenir. » Elle fait écho au « N’ayez pas peur » de Jean-Paul II dans l’environnement qui est devenu le nôtre. Les tensions géopolitiques voire les guerres, l’intelligence artificielle, le changement climatique, pour ne mentionner que ces exemples, sont de nature à inquiéter, notamment les plus jeunes. Il faut vaincre l’inquiétude. Je retiens aussi les mots de Léon XIV sur la paix. La présence du pape sur les terres de Robert Schuman nous rappelle que l’Europe n’est pas seulement une question de géographie ou de marché ; c ’est une communauté de valeurs, fondée notamment sur la justice, le dialogue et la paix. Près de quatre-vingts ans de paix à l’intérieur des frontières de l’Union depuis la Déclaration Schuman du 9 mai 1950.
Et sur un plan plus personnel, quelles images et quels mots gardez-vous de cette visite en France ?
Je garde l’image émouvante autant qu’impressionnante de foules à la fois recueillies et joyeuses, heureuses d’être là, heureuses d’être ensemble. Il y avait quelque chose de bon enfant. Tout était remarquablement organisé. La ferveur paisible et chaleureuse d’une véritable communion.
Avez-vous été touchée que le pape évoque ses origines normandes ?
Oui, bien sûr : la Normandie est une terre à laquelle je suis très attachée. Mais je suis peut-être plus touchée encore par son engagement auprès des plus modestes au Pérou, où il a été notamment missionnaire et évêque. Lorsque je dirigeais le FMI, je suis allée quelques fois dans ce pays. J’y ai fait des rencontres qui m’ont profondément marquée : par exemple, des femmes faisant preuve d’un courage et d’une ingéniosité extraordinaires pour sortir leur famille de la pauvreté et offrir une vie meilleure à leurs enfants.
Dans le contexte actuel, qu’est-ce qui vous inquiète le plus et, à l’inverse, qu’est-ce qui nourrit votre espoir ?
Ce qui m’inquiète, c’est le miroir grossissant que peuvent nous tendre les médias et les réseaux sociaux sur ce qui va mal. Des faits divers deviennent des événements majeurs, tandis que les gestes quotidiens de solidarité et d’entraide restent invisibles, faute de clics et d’audience.
Mais je ne désespère jamais des peuples. Je tiens cette conviction de Robert Badinter. En 2003, pendant la guerre en Irak, alors que la France était très mal perçue aux États-Unis, il était venu parler de Victor Hugo à Chicago, où je dirigeais le cabinet d’avocats Baker McKenzie. Je l’avais interrogé sur cette hostilité envers les Français. Il m’avait répondu : « Il ne faut jamais désespérer du peuple américain », dont il pensait qu’il recelait quelque chose de profondément bon et solide. Cette phrase m’est restée. Je crois profondément en la capacité des sociétés à retrouver ce qui les unit, à condition de préserver la confiance, le respect et la tolérance, et de rassembler autour d’un projet commun.
Embarquer le collectif, à travers le dialogue et l’horizontalité : cela ne manque-t-il pas à la France dont les institutions sont très verticales et dont les corps intermédiaires ont été mis à l’écart ces dernières années ?
Une transformation ne réussit que si l’on embarque tout le monde. Chacun doit comprendre le projet collectif et pouvoir s’en sentir acteur. Cela passe par le dialogue avec les organisations syndicales, les corps intermédiaires et la société civile. On ne transforme pas durablement une entreprise, une institution ou un pays d’en haut : il faut créer de l’adhésion autour d’un projet commun. C’est difficile en France, mais indispensable.
Si vous deviez partager avec nous une œuvre, un lieu, un film, un livre, quelque chose appartenant à votre panthéon personnel ?
Une œuvre ? Le Concerto pour piano n° 2 de Rachmaninov. Pour moi, c’est un bijou absolu. Un foisonnement de musicalité, de sonorités, de profondeur… Cette œuvre résonne énormément en moi.
Un lieu ? Le pays de Caux, en Normandie. C’est ma Normandie profonde, celle de mon enfance, de Maupassant et de Gide, dont les œuvres résonnent encore en moi. J’aime ce pays de Caux sauvage, un peu rude, qui a conservé des accents de la fin du XIXe siècle. Rien à voir avec la Normandie des pelouses coupées aux ciseaux et des chaumières. Moi, mes voisins, ce sont les vaches et les champs de maïs !
Une poésie ? Alternativement « Les fleurs du mal » de Baudelaire et « Paroles » de Jacques Prévert. La poésie, pour moi, fonctionne comme une thérapie, un refuge.
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